Décryptage du livre de Steven Gundry : Le code intestin aux Editions Thierry Souccar.
Les mitochondries sont de véritables petites centrales à énergie. Leur nombre et leur activité ont un impact énorme sur le fonctionnement de l'ensemble du corps humain et sur la santé.
Naissance des mitochondries et des cellules eucaryotes
A l’origine de la vie, deux types de cellules procaryotes (sans noyau) : les bactéries et les archées. Lors de l’évolution, quand il y eut beaucoup d’oxygène, les bactéries ont appris à l’absorber initiant la respiration. Puis elles sont entrées dans les archées où elles sont devenues des usines à énergie appelées mitochondries. La combinaison de bactéries et d’archée s’appelle endosymbiose.
Bactéries + archée = cellule eucaryote
Ainsi sont nées les mitochondries et les cellules eucaryotes (avec noyau) qui constituent les végétaux et les animaux.
Spécificité des mitochondries
Les mitochondries ont conservé une forme d’indépendance liée à leur origine bactérienne car elles possèdent leur propre ADN. Elles peuvent se diviser en même temps que leur cellule hôte mais elles peuvent aussi se multiplier à d’autres moments grâce au processus de biogénèse.
La respiration
Les mitochondries sont le siège de la respiration cellulaire c’est-à-dire la transformation d’aliments et d’oxygène en énergie sous forme d’ATP. L’ATP constitue la monnaie d’échange de l’énergie dans les cellules. Une bonne oxygénation est nécessaire.
Les nutriments des aliments sont digérés en petites molécules carbonées qui passent la barrière intestinale puis entent dans les cellules où elles sont prises en charge par les mitochondries. C’est le début du cycle de Krebs, une série de réactions chimiques qui convertissent les molécules carbonées en énergie. Dans les mitochondries, les molécules carbonées interagissent avec des particules chargées : les protons (+) et les électrons (-) qui deviennent de plus en plus instables ou excités.
D’autres molécules sont aussi présentes comme l’oxygène et l’hydrogène. Les protons et les électrons entrent en compétition pour réagir avec l’oxygène. L’objectif des protons est de s’associer au précieux oxygène (très convoité et en sous-effectif) pour produire beaucoup d’ATP en franchissant la membrane de la mitochondrie en laissant à l’intérieur du CO2. Mais les électrons convoitent aussi l’oxygène. Les électrons et les protons en surnombre sortent de la mitochondrie bredouilles.
Les espèces réactives à l’oxygène ou ROS
Lorsque les électrons réussissent à s’associer à l’oxygène, ils forment des espèces réactives à l’oxygène = ROS dont les radicaux libres. Ils sont à l’origine du stress oxydatif qui endommage les mitochondries et par ricochet les cellules.
Les ROS sont à l’origine du vieillissement et des maladies chroniques. En petite quantité, ils peuvent être utiles comme molécules de signalisation mais l’excès est délétère pouvant jusqu’à déclencher l’apoptose.
Deux composés, la mélatonine et le glutathion, sont chargés de veiller à ce que la quantité de ROS soit bénéfique. Et pour éviter que ces deux systèmes de sécurité soient débordés, un autre processus a été mis en place : le découplage mitochondrial.
Le découplage mitochondrial
C’est le troisième système de sécurité pour contenir les ROS en quantité limitée pour un effet bénéfique.
Découplge mitochondrial : dissociation de la combustion de carburant (métabolisme) et de la production d'énergie (ATP)
Mitogénèse : création de nouvelles mitochondries
Les cellules peuvent fabriquer de nouvelles mitochondries si nécessaire (c’est-à-dire beaucoup de travail). Mais les mitochondries ayant leur propre ADN, elles peuvent se multiplier indépendamment de la cellule.
Il semblait qu’il n’existait que deux façons de stimuler la mitogénèse : le jeûne et l’activité physique mais il y en a d’autres.
Pour créer de nouvelles mitochondries, il faut puiser dans les réserves de graisse. Cela relance la production d’énergie. C’est induit par les composés du découplage.
Dans les mitochondries, il existe des « sorties de secours » pour évacuer les différents élément de la chaine de transport d’électrons. Ces sorties sont contrôlées pour des protéines de découplage.
Il existe cinq protéines de découplage situées dans la membrane interne des mitochondries et qui permettent aux protons (non associés à l’oxygène) de sortir en certaines circonstances.
Les cétones et d’autres composés de découplage envoient un message aux mitochondries pour qu’elles ouvrent ces « sorties de secours » (= rompent leur liaison) pour produire moins d’ATP. C’est le processus de dérivation calorique. Ainsi les mitochondries gaspillent les calories au lieu de les transformer en ATP. Cela déclenche la multiplication des mitochondries = mitogénèse.
En rompant les liaisons lors du découplage, les mitochondries créent mois d’ATP.
Le découplage mitochondrial a pour but de protéger les mitochondries des ROS néfastes et de la production d’ATP qui les endommage.
Avoir des mitochondries plus saines et mieux protégées est synonyme de meilleure santé.
Lors du découplage, la production de chaleur par thermogénèse favorise la perte de poids, augmente la vitalité et améliore la santé.
Pour favoriser le découplage et la multiplication des mitochondries, l’action du microbiote est nécessaire grâce aux bactéries « sœurs ».
Les protéines de découplage qui ouvrent les portes d’urgence, ne déclenchent ce processus que lors de la réception de signaux émis par les bactéries du microbiote, sœurs des mitochondries. Ces signaux se matérialisent sous forme de composés de découplage : polyphénols, acides gras à chaîne courte et cétones. Ils sont toujours induits par les bactéries du microbiote.
La qualité et la chronobiologie de l’alimentation ont un impact sur le processus de découplage.
Les composés de découplage
Les composés de découplage sont des molécules de signalisation qui indique aux mitochondries de se découpler. Le plus souvent ils sont obtenus grâce à l’intervention de bactéries du microbiote.
Le butyrate
Son rôle de découplage se fait essentiellement sur les mitochondries des cellules intestinales pour les protéger et les renforcer et avoir ainsi une barrière intestinale plus efficace.
Le butyrate est produit par certaines bactéries du microbiote à partir d’acides gras à chaîne moyenne. Ces acides gras à chaîne moyenne sont issus de la décomposition des fibres par des microorganismes présents dans les aliments fermentés.
Les polyphénols
Les polyphénols sont naturellement présents dans les végétaux où ils jouent un rôle de protection. Ces sont souvent des tanins ou des pigments de couleur jaune ou variant de rouge au violet.
Après ingestion, les polyphénols ont besoin de certaines bactéries intestinales pour devenir assimilables. Ils pourront alors agir sur nos cellules et les protéger par le processus de découplage des mitochondries.
Les cétones
Les cétones sont fabriquées par le foie à partir d’acides gras libres libérés par les cellules adipeuses ou de triglycérides à chaîne moyenne issus de l’alimentation. La production de cétones se fait dans des conditions bien précises : soit après un jeûne d’au moins 12 heures, soit dans le cas d’une alimentation sans aucun glucide. Elles pourront alors indiquer aux mitochondries de se découpler et de gaspiller de l’énergie.
Parmi tous les composés de découplage, les cétones ne sont pas les plus faciles à obtenir, ni les plus bénéfiques.